GENRES

Réagir au cyberharcèlement à caractère sexuel

Une jeune craque et vous confie à la fin d’une activité que son ex-petit ami a posté des vidéos d’elle nue sur un réseau social. Que faire ? 

Cette situation est malheureusement devenue fréquente. Vu la place des vidéos et des photos sur les réseaux sociaux, vu la facilité à en réaliser, dans toutes les écoles, lorsqu’une relation va mal, il y a un risque que cela débouche sur des contenus en ligne dégradants. En plus, étant donné que ces contenus sont partagés et potentiellement disponibles longtemps, les enjeux sont énormes. L’image d’un jeune peut être dégradée pour une très longue durée.  

 

De ce fait, ce genre de situation peut revêtir une urgence maximale. Si le processus est en cours, il est donc indispensable de tout mettre en œuvre pour d’abord faire les démarches permettant de supprimer les contenus, et ensuite seulement gérer la situation relationnelle de base.  

 

Réagir aux urgences des situations en ligne, appréhender les enjeux de fond

Prise sous cet angle, on comprend la complexité de ce genre de situation qui mélange des éléments relationnels de l’école avec le contexte des nouveaux médias. En outre, la situation est régulièrement complexifiée par l’intervention de personnes externes à l’établissement, et donc à votre zone d’action.  

 

Enfin, il est important d’avoir à l’esprit qu’une partie des stratégies d’influence et/ou de radicalisation joue sur la naïveté relationnelle en ligne. Travailler les capacités critiques des jeunes à ce niveau, c’est donc travailler leurs possibilités de se prémunir autant des violences sexuelles que d’autres formes d’influences.

 

Vers qui se tourner en cas d’urgence ?

À court terme, urgence de la protection des jeunes

À très court terme, il s’agit donc de veiller à la sécurité de la jeune (ou des jeunes) concernée. Pour ce faire, nous vous conseillons de vous tourner très rapidement vers des ressources extérieures, par exemple en consultant la plateforme (voir ressources) qui vous permet d’avoir les premiers réflexes dans ce genre de situation. À votre niveau personnel, l’important à court terme est d’être à l’écoute de la situation émotionnelle du ou de la jeune. S’il vous a choisi.e, c’est qu’il ou elle a une attente et, vu la tension émotionnelle de ce genre de situation, il est très important de ne pas ajouter un sentiment d’abandon à tout le reste du problème.  

 

À moyen terme, rechercher la justice

Assez rapidement, ce genre de situation nécessite une prise en charge à l’échelle de l’école. Sachant qu’il y a des faits d’irrespect, il est nécessaire de mener une enquête pour établir ces faits, tout autant que d’écouter les autres personnes concernées, surtout si celles-ci sont membres de la même classe. Pour parvenir à mener cette étape d’enquête et d’écoute, il est aussi opportun de s’adresser aux personnes responsables dans l’école.

 

Attention ! Comme c’est l’image de la jeune qui est engagée, rien ne peut se faire sans lui en parler. Si elle s’oppose à une démarche que vous jugez nécessaire, il vous faudra bien l’écouter, respecter son envie, excepté si c’est pour vous une question de sécurité. Mais, même dans ce cas, il sera nécessaire de lui expliquer les raisons de votre démarche, et de bien prendre en considération que vous risquez de briser la confiance qu’elle vous accorde.  

 

Sur base de ce travail d’enquête, l’idéal est de rentrer dans un processus de réparation de l’image de la victime. Ce processus n’est ici pas évident, car, même si le coupable est partant, il n’est pas dit qu’il soit capable de réparer l’image de la victime. À l’inverse, il arrive également que l’intégrité du coupable soit mise en danger si les événements sont discutés publiquement. Pour toutes ces raisons, il est nécessaire de bien peser cette situation, comme expliqué dans les fiches en ressources (Annexe 14, annexe 16 et annexe 17).  

 

Enfin et bien évidemment, nous sommes ici dans une situation où la victime a entièrement le droit de porter plainte. C’est quelque chose à discuter avec elle et ses parents, notamment en s’appuyant sur les ressources ci-dessous. Attention toutefois ! Le fait qu’il y ait une plainte extérieure n’enlève pas du tout l’impératif de gestion des relations dans l’école. C’est simplement un élément supplémentaire de la situation, à gérer donc autant avec le coupable qu’avec la victime.

 

À moyen et long terme, approfondir le sujet

Pour toutes ces raisons, ce genre de cas bénéficie souvent d’un traitement plus large, et donc d’un parcours pédagogique sur les nombreuses questions en jeu. En utilisant les ressources ci-dessous, il est ainsi possible de travailler sur les questions de droit à l’image, sur les frontières de l’école, sur les conséquences pour les victimes via par exemple des témoignages de personnes qui ont vécu ce genre de traumatisme, sur les enjeux légaux du harcèlement, de la diffamation, de l’attentat à la pudeur et de toutes les questions associées.  

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