GENRES

Jusqu’où peut-on se déshabiller ?

Un article est sorti dans la presse concernant les revendications de certaines filles de pouvoir porter des vêtements plus “déshabillés”. En réaction, plusieurs étudiantes soutiennent cette position. D’autres élèves de la classe, au contraire, disent que c’est impudique et que cela leur pose problème. Certains d’entre eux invoquent leur religion. 

 

Malgré certaines apparences, la question de la nudité féminine reste assez chargée dans notre société. Elle renvoie en effet autant à des enjeux de liberté qu’à la difficile question de l’objectivation du corps de la femme, des codes qui renvoient au jeu du désir…

 

Dans ce dossier, plusieurs éléments se cumulent : lien entre pudeur et conditions d’apprentissage, lien entre liberté de montrer son corps et capacité à ne pas regarder celui des autres, lien entre liberté et espace scolaire, lien entre le combat du féminisme à l’échelle de la société, le poids des traditionalismes et l’opportunité que l’école en soit une sorte de laboratoire des libertés.

 

Une question simple, des enjeux multiples

Comme pour beaucoup d’autres débats, il y a ici un enjeu identitaire évident. Les jeunes filles portant ce genre de débat étant impliquées de façon identitaire dans une sorte de lutte, il y a tout lieu de réagir avec finesse.

À court terme, gestion du débat et intelligence collective

À court terme, l’idéal est de gérer au mieux le débat (annexe 3). Plusieurs options pour cela ; soit faire un brainstorming des arguments en jeu et de les noter au tableau en deux colonnes afin de faire apparaître la grande variété de type d’arguments : libertés, rapport au corps, pudeur, tradition, religion, efficacité des apprentissages…

 

À moyen terme, approfondissement réflexif des différentes questions

La situation étant récente, il y a peu d’articles et d’ouvrages sur la question. Dès lors, si vous souhaitez travailler cette question à moyen terme, il peut être opportun de se diriger vers une joute verbale plus structurée (voir Annexe 9) ou de proposer, via la démarche du chercheur (Annexe 8), de construire des réflexions sur le sujet. Il peut être bon aussi d’ouvrir le débat et de mettre en lien cette question avec celle de la liberté de porter des vêtements religieux à l’école (voir fiche sur le port du voile 5.2.8). D’un point de vue pratique, il peut aussi être intéressant d’amener les élèves à construire un dossier à transmettre aux autorités : de l’école, du réseau, des pouvoirs politiques.

 

À moyen et long terme, mettre en projet

À moyen comme à long terme, il est enfin possible d’aider les élèves à mener une campagne de sensibilisation puisqu’il s’agit de changer les idées. Quelles que soient les stratégies choisies, l’enjeu est de profiter de tous les moments pratiques pour continuer le travail de réflexion et de sensibilisation des élèves.


    • « Si la pudeur n’existait pas, il faudrait l’inventer », disait Voltaire. Voici un texte sur la pudeur en Occident, bonne base de réflexion :

    https://www.letemps.ch/societe/habillement-lecole-indecent

    • Bologne Jean-Claude, Pudeurs féminines. Voilées, dévoilées, révélées, Paris, Le Seuil, 2010

     

    Ressources spécifiques dans ce guide

    • Fiche 5.3.8 : Le port du voile, (atteinte au) droit légitime ?
    • Annexe 3 : Animer et gérer les échanges
    • Annexe 8 : Adopter la posture du chercheur
    • Annexe 9 : Toute les ressources des joutes verbales

     

    Pour jouter ou en débattre autrement (voir Annexe 9)

    • Faut-il interdire les publicités véhiculant une conception sexiste des rôles masculins et féminins ?
    • Faut-il arrêter de mater/reluquer ?
    Faut-il permettre aux gens de se promener nus dans la rue ?

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