Société et idéologies

Dieu existe-t-il ?

En réaction au comportement d’un jeune, d’autres lui disent qu’il ira en enfer parce qu’il a mal agi. Le premier leur répond qu’ils sont des arriérés, s’ils croient encore en Dieu. Comment réagir ?  

 

La particularité de cette situation est, encore plus qu’une autre, d’être difficile à gérer si on n’a pas au préalable placé des règles de respect (voir Annexe 2). Face à quelqu’un qui dit croire en Dieu, il est en effet difficile de venir avec un argument d’autorité, tant à ses yeux rien ne peut égaler la référence divine.

 

Même pour un non-croyant, l’« enfer », c’est violent

En outre, dans cette situation spécifique, les départs sont assez violents. Même pour un non croyant, s’entendre dire qu’on ira en enfer est reçu au minimum comme un jugement pour le moins agressif. Quant à la réaction, elle est, elle aussi, insultante.

À court terme, recadrer et faire réfléchir

Pour toutes ces raisons, à court terme, ce genre de situation se gère en mettant tout le monde à égalité, en rappelant les principes de non-jugement et respect (Annexe 2). S’il s’avère que c’est plus que juste une vanne entre élèves, l’option de court terme est clairement la stratégie de la maïeutique (Annexe 7) afin de faire prendre conscience qu’on est ici face à une situation de jugements mutuels inutiles.

 

À ce stade de la discussion, il est bon de surprendre les jeunes en leur demandant s’ils connaissent les positions de croyance qui sont en jeu dans cette situation. Comme en général ce n’est pas ou peu le cas, cela permet déjà de déstabiliser leur argument d’autorité : si on ne sait pas complètement de quoi il retourne, il est difficile de venir avec un argument péremptoire.  En expliquant aux jeunes la différence entre monothéiste, théiste, déiste, athée, agnostique (voir ressources), cela leur permet de se poser la question de leur propre position et des positions possibles des autres. Cela permet aussi de décentrer un peu par rapport à l’altercation : « en fait cette question est une histoire plus large et bien plus vieille qu’un différend entre deux élèves ».

 

À moyen et long terme, approfondir la/les réflexion(s)

Dans la foulée, vous pouvez demander à chaque élève de réfléchir individuellement, mais à partir de questions spécifiques à leurs positions. Pour les croyants par exemple, la question sera : « Qu’est-ce qui dans la religion permet à un homme de savoir si un autre ira en enfer ? ». Pour un athée ou un agnostique, ce sera : « Y a-t-il des éléments objectifs qui conduisent à l’inexistence de Dieu ? ». Pour un théiste ou un déiste, vous leur laisserez le choix de la question. Vous mettrez ensuite en commun, en veillant à poser les questions nécessaires pour amener les élèves à comprendre que :

 

  • Que l’enfer existe ou pas, le fait de juger est opposé au message de la religion (voir ressources) ;
  • Rien de scientifique ne permet de conduire ni à l’existence, ni à l’inexistence de Dieu. C’est ce qui fait que la question est toujours pertinente, et qu’elle est de l’ordre de la croyance.

 

Après la mise en commun, vous pouvez vous appuyer sur les mêmes ressources pour les faire lire et commenter par les élèves. Vous pouvez aussi organiser un café philo sur la question de Dieu, ou continuer à travailler des textes proposant les différentes positions de croyance.

 

À moyen/long terme, tous les projets permettant de rencontrer et de faire dialoguer différentes positions culturelles et/ou religieuses sont intéressants.

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